Avoir le courage de suivre son coeur - Marie Yelahiah

Marie Yelahiah

Marie Yelahiah

Avoir le courage de suivre son coeur

 

En ce moment, je me pose régulièrement la question qui suit :

 

 

 

 

Qu'est-ce qui est réellement important dans ma vie ? 

 

 

 

 

Dans notre société, tout est fait pour nous pousser à penser à la réussite. Qui dit réussite dit bien souvent argent et toutes autres sources de richesses financières. Mais qui sommes-nous sans l'argent ? Je ne trouve pas l'argent sale et je ne veux surtout pas renforcer ce complexe bien français car oui, nous sommes dans un pays qui crée encore bien des tabous quant à la fortune. 

 

Non, ce que je souhaite évoquer ici, c'est tout autre chose. Dans notre vie de tous les jours, nous sommes encouragés à nous lever puis travailler, puis manger, puis nous coucher et recommencer, enfin nous amuser quelque peu parfois. Plus le temps passe, plus ma conscience qui s'ouvre me confie : "Ce n'est pas cela, la vie." Je ne pense pas être née pour travailler. 

 

Bien que je vive actuellement d'un métier passion, ce qui est déjà une grande chance, je réalise encore que je me stresse quant à mes propres créations. Pourquoi donc ? Parce que de manière sous-jacente, cette histoire de réussite est toujours présente. N'ai-je pas assez réussi ? Pour qui donc au juste suis-je en train de vouloir aller plus loin ? Bien sûr que l'humain est appelé à croître et à évoluer, mais pourquoi est-ce qu'il s'identifie à cette grandeur illusoire ? La graine qui vient de germer dans le sol semble t-elle moins importante que le chêne qui trône fièrement du haut de ces cimes ? Souvent, nous souhaitons gagner plus, avoir plus, faire plus ou mieux, changer, accélérer notre vitesse de croisière, être reconnu... Quelle est la raison qui se cache derrière ces beaux sentiments d'élévation et de gain ? 

 

En réalité, j'en arrive à me dire, de nombreux matins en me réveillant, que l'essentiel ne se trouve pas dans ma réussite professionnelle, même si j'exerce ma passion. Combien de fois ai-je pensé à ce fameux lit de mort dans lequel je me trouverai un jour... alors je l'imagine et je me demande : lors de mon dernier souffle, à quoi penserais-je ? qu'est-ce qui aura de l'importance ?  de quoi me rappellerais-je avec le plus d'intensité ? Je suis sûre d'un fait... Je penserai à l'Amour, à toutes les fois où j'ai aimé. Et c'est cet Amour qui fera que je serai en paix. 

 

Il m'apparait alors très clairement que toutes les prouesses professionnelles, toutes les réussites, tout l'argent au monde, n'apporteront jamais l'Amour car l'Amour n'est pas un échelon, l'Amour est un état d'être, un sentiment profond. L'Amour pousse à l'intérieur de nous.

 

Forte de cet éclairage, je me questionne à nouveau. Quand je me lève le matin et que je pense alors à "travailler" et à ce que je vais créer aujourd'hui pour faire un pas de plus, pour être fière de moi, pour aller de l'avant et "évoluer", en quoi est-ce si important ? Est-ce mon mental qui souhaite s'élever ou bien est-ce mon coeur ? Forcée de constater, que non, ce n'est pas toujours mon coeur qui s'exprime. Bien souvent, le mental a déjà pris le relais discrètement. Parce qu'au moment même où j'ai ouvert les yeux, j'ai d'abord pensé à quelles techniques de développement personnel pourrais-je utiliser ce matin pour "m'améliorer", à quoi vais-je m'atteler dans mon programme aujourd'hui ? Quelle lourdeur, moi qui cherchais la légèreté du papillon ! Mon coeur, lui, parfois, n'a qu'une seule envie : ne rien faire, s'étirer, caresser le chat qui ronronne, embrasser mon compagnon, regarder la feuille qui tombe sous la pression du vent d'automne, s'amuser, prendre une tasse de thé et peut-être écrire si l'inspiration se fait sentir. Mais... voilà, je veux faire grossir mon "bébé entreprise", mon projet tout doux tout chaud et j'aimerais avoir une vie plus cosy avec plus de confort et de bien-être, donc il faut entreprendre, il ne faut pas se retarder...

 

Et nous voilà repartis pour un cercle infernal. Pourtant, j'ai bien appris le pouvoir de la gratitude et je remercie souvent pour tout ce que j'ai déjà. Je constate que le problème vient d'ailleurs. Je n'écoute pas toujours mon coeur qui se languit d'un moment supplémentaire de fun, d'aventures, de découvertes et de rires. Clairement, mon coeur a envie d'avancer lentement. Au contraire, bien qu'avertie, je me laisse avoir par les petits mots des autres qui disent que je ne fais pas encore assez, qu'il faut s'inquiéter de l'argent qui rentre en permanence...

 

 

 

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Je suis tellement lassée de cette pression que la société nous fait paraitre pour normale. Non, ce n'est pas normal de s'exploiter ou d'être exploité toute une vie ! Non, ce n'est pas si logique de partir en quête du toujours plus et du toujours mieux... De plus en plus d'individus aspirent à une vie plus reposante et tranquille, loin du stress du quotidien qui nous contrôle et nous dicte de gagner notre pain et de paraitre bien. Les mentalités s'ouvrent et commencent à s'échapper du moule. Cependant, il reste encore difficile, parfois, de vivre différemment. Cela fait rêver de l'extérieur mais de l'intérieur, cela m'apparait plus nuancé, car oui, il faut avoir le courage de suivre son coeur, de dire non, d'imposer à ses proches que définitivement, nous ne rentrerons dans aucun cadre déjà préconçu. 

 

Je ne veux pas toujours programmer, toujours me dire que j'ai telle activité à faire, qu'il faut que je crée ceci aujourd'hui sinon ma vie quotidienne future en dépend... Je pense que l'esprit est capable d'aller au-delà de cette grande peur de gagner et d'avoir moins, de perdre son statut ou de passer pour un moins que rien.

 

Evidemment, je n'appelle pas à être tire au flanc... Bien sûr que non. La paresse n'a rien de bénéfique. Toutefois, courir sans cesse derrière un idéal de réussite peut épuiser. Faire, faire et faire ne me semblent pas des verbes bons conseillers pour s'épanouir. Au lieu de cela, accordons-nous la grâce de regarder l'oiseau qui s'est posé sur la branche. Il sera bien plus enseignant que cet emploi du temps qui nous rappelle la tâche du jour. S'arrêter, prendre le temps, plutôt que de toujours courir. Je crois que même en spiritualité et développement personnel, nous n'avons pas cerné la totale puissance de ces mots. Nous les avons approchés, côtoyés mais en tant qu'adultes actifs, et si nous ne les avions qu'à peine frôler ?

 

 



26/10/2018
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