Pressés - Marie Yelahiah

Marie Yelahiah

Marie Yelahiah

Pressés

 

Je suis toujours pressée par les aiguilles qui tournent dans l’horloge du monde qui n’a pas su s’arrêter. Pouvons-nous juste mettre sur pause ? Juste un instant ? Que je respire profondément quelles sont mes envies de vivre réellement. 

 

 

 

 

Je vois ces silhouettes qui courent dans les rues, les tramways, les métros pour mieux rencontrer leurs amis « Boulot » et « Dodo ». Il parait qu’ils ne sont pas très patients. Je ne souhaite pas sombrer là dedans. Je voudrais plutôt ressentir ce qui gît en moi. Approfondir cette source d’inspiration. Je sais qu’elle s’étouffe. Elle est parfois si malade dans l’âme des gens. Vous l’a t-on dit ? Que c’est à cause de cela que l’humain vieillit et ternit au fil des âges et des générations ? Pas étonnant, qu’il court vers l’autodestruction dans son imagination et ses créations. A force d’être déconnecté, il est devenu un automate. Pas besoin de pièces mécaniques ni de plans futuristes. Les gars, on y est, j’vous l’dis ! L’engrenage tourne et roule depuis des décennies dans la tête. On dit que ce sont les méninges qui pédalent pour faire avancer la machine. 

 

Je suis un peu perdue dans ce système de fonctionnement. En moi, il doit y avoir un pépin coincé par là. Est-ce que toi aussi, tu dérailles, copain ? Allez, mon frère, ma soeur, dis-moi que je ne suis pas la seule. Je vois trop de regards en l’air à contempler les étoiles. Sommes-nous des millions à rêver à « autre chose » ? Dans les coeurs, j’entends comme un écho qui sonne vrai. 

 

Oui, je sais, tu me l’as bien montré, compère, le boulet à tes pieds. Oui, oui, j’ai bien vu les chaines en argent qui tiennent tes mains liées. Si tu te lances, tu vas couler. Parfois, aussi, ‘faut pas croire, mais je ressens le même effet. Pourtant d’autres avant nous l’ont fait. Je soupire. On soupire presque tous quand il faut faire le saut. C’est à la peur qu’il est possible de savoir si nous nous dirigeons vers un chemin nouveau. Ouais, franchement, sauter de là, je te l’accorde, ça fait bien haut ! 

 

Pousse-moi en avant. Je ferme les yeux une seconde. Poussons-nous dans le vide même si nos tripes s’accrochent encore à la rive. Jetons-nous dans le feu du divin et le magma de la terre. Au fond, qui ne crève pas d’envie de sauter… C’est juste qu’à présent, nous n'avions pas confiance, nous avions peut-être perdu la foi, nous n'avions juste pas osé… C'est pourquoi peut-être le temps nous presse..., nous presse à nous (r)éveiller.

 

 



16/10/2018
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